Contre les violences policières, et pour le soutien à Eunice Barber
Mercredi 26 novembre, deux mois d’emprisonnement avec sursis ont été requis par le procureur de la République de Bobigny (Seine-Saint-Denis) à l’encontre de la championne du monde du saut en longueur et de l’heptathlon, Eunice Barber, poursuivie pour « refus d’obtempérer et rébellion sur forces de l’ordre » lors d’une interpellation en mars 2006 à Saint-Denis.
Eunice avait fait l’objet d’une interpellation particulièrement musclée par la police aux abords du Stade de France le 18 mars 2006.
Brutalisée par la police, Eunice s’est défendue comme elle le pouvait face à 6 policiers casqués et bottés qui l’ont notamment traînée par les cheveux, maintenue au sol avec leurs pieds jusqu’au commissariat, où elle est restée 48 heures en garde à vue.
Eunice Barber qui avait saisi l’IGS, n’a pas vu sa plainte pour violences volontaires aggravées prise en compte.
Et elle, et elle seule qui a été mise en examen, car la police, suite au dépôt de plainte de la championne, a, à son tour porté plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » (sic) et « violences sur forces de l’ordre » !
Il était notamment reproché à la championne d’avoir brutalisé les agents, d’avoir mordu deux d’entre eux, mais surtout d’avoir tenté de s’enfuir en voiture alors qu’un agent était partiellement engagé dans le véhicule et aurait alors été trainé sur plusieurs mètres ;
Ses déclarations mensongères ont été formellement démenties par les vidéos amateurs et surtout la vidéo de surveillance du parking du Stade de France.
Pourtant, il n’a pas été retenu le délit de dénonciation calomnieuse, et le délit de faux en écriture publique.
Eunice n’avait pas menti, la police a menti, pourtant seule Eunice est dans le box des accusés.
Nous, collectif contre les violences policières, soutenons Eunice Barber dans sa quête pour retrouver sa dignité, parce que nous devons respecter la Loi, et nous devons être protégés par la Loi, et par ses représentants légaux.
Parce que notre police doit retrouver le respect qui lui est dû, et parce qu’à chaque injustice ou exaction commise par elle, c’est un peu de notre paix sociale qui s’éloigne.
Mais aussi parce que nous sommes français, de naissance, d’adoption ou d’origine, ou que nous vivons en France, et parce que la police de notre pays doit être la police de tous. Parce que les clivages et les clichés sont autant d’insultes à notre citoyenneté et à notre République.
Nous réprouvons toute forme de violence faite à nos concitoyens, quelle que soient leurs origines, leur religion, leur profession, leur taux de mélanine, ou leur adresse postale.
Nous réclamons un Grenelle de la sécurité pour que nos élus réfléchissent à la façon de retrouver l’entente et le respect essentiel qu’une population doit à ses représentants de l’ordre. Pour que plus jamais ne soient stigmatisées telles couches de la population dans l’approche de notre police dans l’exercice de ses fonctions.
Pour que jamais plus on ne suppose qu’une noire, sportive de surcroit, est forcément violente et doit être maîtrisée.
Et pour que plus jamais ne soient mentionnées les origines d’une plaignante française dans le traitement médiatique de son affaire.
Si vous aussi vous avez été victime ou témoins de violences policières, quelle que soient vos origines ou votre statut social, ou si vous vous sentez proches de l’histoire d’Eunice Barber dont on a dit qu’elle cherchait « comme tous ses champions qui se croient intouchables” à ne pas payer pour ses erreurs, alors qu’au contraire elle parlait pour toutes les erreurs commises avant son affaire, et malheureusement totalement méprisées parce que survenues à d’illustres inconnus, rejoignez ce groupe.
Envoyez vos témoignages à temoignages@collectif-barber.com