Ils ont rejoint le collectif : Maryse Ewanjé-Epée, consultante - Arash Derambarsh, éditeur – Kofi Yamgnane, ingénieur/ancien Ministre - Monique Ewanjé-Epée-Lewin, manager artistique/maire-adjointe – Yannick Szczepaniak, agent ministériel/international de lutte – Jean-François Jodar, entraîneur de football – Nicolas Péraudeau, chef d’entreprise – Clavel Kayitaré, animateur sportif/médaillé olympique – Fulgence Ouedraogo, rugbyman – Marjorie Risacher, animatrice radio, Mamedy Doucara, international de taekwondo - Benoît Lançon, chef d'entreprise/Président d'association - Marion Clignet, médaillée olympique et mondiale de cyclisme – Audrey Prieto, championne du monde de lutte - Jean-Michel Martial, comédien/metteur en scène…

Archive for décembre, 2008

10 décembre

PARIS, LE 10 DECEMBRE 2008 : EUNICE BARBER NE FERA PAS APPEL

COMMUNIQUE DE PRESSE - EUNICE BARBER & COLLECTIF 217 A CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES

  • EUNICE BARBER :
  • « J’ai décidé de tourner la page et ne ferai pas appel de la décision prise par le Tribunal de Bobigny le 3 décembre denier.

    La plupart des accusations initiales des policiers ont été abandonnées les unes après les autres et cela est consigné dans un document officiel extrêmement édifiant. Je devrai donc me satisfaire de cela.

    J’ai été durement affectée par cette affaire qui m’a permis d’être confronté directement au fonctionnement des institutions, cette mauvaise expérience me laissera sans aucun doute un sentiment d’injustice et d’amertume.

    Des évènements récents au sujet d’un contrôle de police musclé dans un collège du Gers, d’une interpellation humiliante d’un journaliste, et d’un contrôle de police achevé en garde à vue pour un joueur de l’OL, m’ont aussi fait comprendre que le contexte était pour le moins curieux et m’ont confirmé que le problème que la situation que j’ai vécu est hélas loin d’être un cas isolé.

    Mes amis, mes aussi des simples citoyens se sont mobilisés pour moi (dont 2500 sur Facebook), des associations m’ont assurée de leur soutien – le CODEDO notamment, une pétition circule à l’initiative de Maryse Ewanjé-Epée et de mon club. J’ai été extrêmement sensible à tous ces soutiens et je n’ai pas assez de mots pour les remercier car ils m’ont considérablement aidé à traverser cette période douloureuse.

    Ceux-là savent et comprennent les raisons pour lesquelles je ne souhaite pas poursuivre plus loin cette procédure. L’enquête a pu prouver les déclarations mensongères des policiers qui ont témoigné contre moi. J’ai cependant été condamnée. Il est donc inutile de continuer de saisir une justice qui semble dysfonctionner.

    Je me battrai dorénavant sur d’autres terrains, en suivant et en soutenant notamment les actions de celles et ceux qui oeuvrent pour les droits de l’homme, et pour une meilleure justice dans notre pays, la France.

    Et pour la mémoire de tous, aujourd’hui 10 décembre 2008 je souhaite faire un hommage à l’anniversaire des 60 ans de la déclaration de droits de l’homme et je rappellerais l’artcle7 : « Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination ».

    Je vais reprendre à présent le cours de ma vie sportive et personnelle, celle d’une citoyenne lambda qui a été bien perturbée par cet incident.

    « J’espère revenir plus forte et prouver à ceux qui ont cherché à salir mon image qu’ils ont eu tort. »

    Eunice Barber

  • COLLECTIF CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES :
  • « Nous avons souhaité accompagner Eunice durant la pénible semaine qui précédait le jugement et avec elle toutes les victimes anonymes des violences policières. Nous lui souhaitons aujourd’hui de retrouver la paix et la sérénité indispensables à une championne sportive. »

    Le 3 décembre dernier, Eunice Barber était condamnée à 5000 euros d’amendes pour outrage par le Tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis).
    Une semaine plus tôt, le Procureur avait requis 2 mois de prison avec sursis contre la championne, une décision qui avait provoqué un émoi bien compréhensible quant à l’injustice d’une telle décision, d’où la création d’un collectif, choqué de voir le Tribunal accepter la plainte pour outrage et rébellion déposée par la police, alors même que la plainte initiale, déposée par Eunice pour violences policières, n’a même pas été examinée.

    En moins de 8 jours, le « Collectif Barber contre les violences Policières », qui se rebaptise aujourd’hui Collectif 217 A contre les violences policières à présent que le jugement a été rendu, et en hommage à la résolution 217 A de l’Assemblée Générale des Nations Unies adoptant il y a 60 ans jour pour jour la Déclaration universelle des droits de l’homme, a ainsi récolté pas moins de 2500 adhésions au groupe créé sur Internet et plus de 500 signatures sur une pétition réunissant des personnalités et des simples citoyens.

    Nous nous félicitons également d’avoir contribué à modifier la perception du public sur le fondement de cette histoire.

    Eunice Barber a été présentée durant les 2 années d’instruction comme une championne cherchant à échapper à une sanction.

    L’enquête et la production d’une vidéo de surveillance a démenti les accusations mensongères graves et permis l’abandon des charges initiales qui pesaient contre elle au profit du simple délit « d’outrage et rébellion ».

    Le cas médiatique d’Eunice Barber, qui a eu le courage d’aller au bout de sa plainte, pose des questions d’actualité sur le “délit d’outrage”, systématiquement invoqué par la police à l’encontre des citoyens qui déposent une plainte contre elle.

    Ce cas intervient dans une actualité troublée par les abus policiers, commis contre nos concitoyens. L’Affaire De Filipi, les contrôles anti-drogue dans un collège du Gers, la garde à vue musclée du footballeur de l’OL John Mensah, le tabassage filmé d’Abdoulaye Fofana à son domicile de la cité des Bosquets à Montfermeil, puis la douteuse disparition de son dossier au moment où s’ouvre son procès pour… outrages et rébellion sur forces de l’ordre (sic), ne sont que les plus médiatisés des cas d’abus policiers commis quotidiennement.

    Le Collectif 217 A contre les violences policières souhaite réagir aux abus de pouvoir policiers dont les dépôts de plaintes pour « outrages » montrent qu’ils se multiplient (plus de 31.000 cette année), tandis que les mauvais traitements et surtout l’impunité face à ses mauvais traitements sont aussi en constance augmentation (cf. LNH – Amnesty International).

    Le Collectif 217 A va donc se rapprocher des organismes qui oeuvrent notamment pour une police meilleure, mais également pour une révision du délit d’outrage, véritable alibi à la violence policière. Nous soutenons par ailleurs la campagne nationale Police, personne ne bouge, dont le lancement a eu lieu le 6 décembre denrier à 14 heures 30, date anniversaire des 22 ans de la mort de Malik Oussekine, sur les lieux même de son passage à tabac par 3 policiers, devant le n° 20 de la rue Monsieur le Prince, dans le 6ème arrondissement de Paris - policepersonnebouge.free.fr/appel.htm

    Nous rappelons également que notre but n’est pas de couper une partie de la population de sa police, garant de la sécurité et de la paix sociale.
    Nous souhaitons vivement que la Loi s’applique y compris à ses représentants et que soient aussi attribués les moyens nécessaires à la formation des policiers notamment. »

    Contact : mee@collectif-barber.com

    10 décembre

    L’explosion des gardes à vue et détentions abusives

    « Lu dans le Canard Enchaîné mercredi 10 décembre »

    Photo Jean-Luc Adde
    Quelques cas cités :

    • Le 31 juillet 2008, Sylvain GARREL, conseiller municipal Vert du XVIII° de Paris, convoqué au commissariat pour « affaire le concernant ». Je me pointe à 10 heures du matin. J’avais fait plusieurs demandes, en tant qu’élu, pour visiter les locaux et contrôler les conditions de garde à vue. Aucune réponse. En arrivant, j’apprends que je suis… en garde à vue, en attendant d’être confronté à un témoin. Lors d’une manif contre un projet immobilier dans mon quartier, on m’aurait aperçu en train d’abîmer une dalle de béton sur le chantier. J’ai toujours nié et j’ai fait remarquer que c’est une mesure inutile : je suis venu spontanément et suis disposé à revenir à l’arrivée du témoin. Mais les policiers refusent de me lâcher. Les poulets ont accepté de passer un coup de fil à ma femme car j’étais censé aller chercher mon fils de 4ans à l’école.

    Mon contradicteur a rappliqué à 19 heures. Je suis sorti à 21 heures. Depuis plus aucune nouvelle de cette histoire.

    • Le 20 AOUT 2008, Jean-François de LAUZUN, 58 ans. Je rentrais chez moi, à Versailles. Il était 19h30 et, comme c’était désert, j’ai traversé sans faire attention au feu. Une policière, très agressive, me fait remarquer que le petit bonhomme était rouge. Je passe mon chemin. Mais elle me rattrape et me demande mes papiers. Le contrôle d’identité s’éternise, avec consultation des fichiers centraux. Quelques personnes observent la scène. Plusieurs d’entre elles prennent ma défense. Ce qui leur vaut d’être à leur tour contrôlées. Je finis par rentrer chez moi, croyant l’incident clos. Mais à 22h15, on sonne. Fatigué, je me suis couché tôt. J’enfile une robe de chambre et me retrouve devant les policiers, qui ont une convocation pour moi. Je leur fais remarquer que ce n’est pas une heure pour venir chez les gens. J’ajoute que les proportions prises par cette histoire sont ridicules et évoque des « méthodes totalitaires ». On me signifie alors que je suis en garde vue. J’aurais « incité à l’émeute » lors du contrôle ! Je suis menotté, emmené en pyjama, enfermé dans une cellule qui sent l’urine. Je comprends vite pourquoi. Par deux fois, on me refuse l’accès aux toilettes et je dois me soulager dans un coin. L’interrogatoire se passe avec une menotte attachée à la chaise. Depuis, j’y pense tout le temps. Je n’ai aucune nouvelle depuis trois mois.

    • Le 21 JUILLET à paris, Pierre CONLEY, 28 ans. Je prenais un verre avec ma petite amie suédoise au soleil couchant, après un pique-nique au square du Vert-Galant. Deux hommes surgissent de derrière un saule pleureur. Je fumais une cigarette de tabac roulé. Ils me demandent si c’est un joint. Je leur réponds que j’en fume jamais, mais à ma grande surprise, ils exigent que je les suive pour un contrôle intégral. Très agressifs, ils me tirent, en me tordant le bras. Je prends peur, appelle au secours. Ils me plaquent au sol. J’ai l’impression qu’on m’étrangle. Leurs collègues déboulent. Je suis en règle mais ils décident de m’emmener au poste de la rue du Louvre, ou l’on me menotte. Au bout d’une heure, je suis conduit au commissariat St Honoré pour un éthylotest électronique. Taux d’alcoolémie négatif : 0,13mg !

    On me ramène rue du Louvre. Quand je demande si ça doit durer longtemps, on me répond : « Vous n’allez pas nous casser les couilles toutes les deux minutes. » Après quatre heures de ce traitement, on enlève mes menottes. J’apprends que je suis accusé d’ « incitation à l’émeute » pour avoir appelé au secours.

    J’ai écrit à l’IGS. Pas de réponse. Et à Michèle Alliot-Marie qui, elle, m’a assuré par courrier de « son entière détermination à intensifier toujours plus la formation des policiers, en particulier en matière déontologie. »

    10 décembre

    Lancement de la campagne nationale “police, personne ne bouge ?!” contre les pratiques policières violentes


    Samedi 6 décembre 2008 dernier, au 20 rue Monsieur le Prince, Paris 6ème, sur les lieux du massacre dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986 de Malik Oussekine par 3 policiers “voltigeurs”, a eu lieu le lancement de la 1ère campagne “police, personne ne bouge ?!” contre les pratiques policières violentes.

    L’initiative du forum social des quartiers populaires (FSQP), mouvement de l’immigration et des banlieues (MIB), AC le feu, bouge qui bouge, MRAP, droit de cités, collectif Lamine Deng et le comité justice pour Hakim Aimi, souhaite alerter sur les dérives et la mise en danger des citoyens, et le non-respect des droits de l’Homme à travers l’utilisation de certaines pratiques et techniques d’immobilisation lors d’interpellation ainsi que des comportements humiliants, violents et disproportionnés, qui tendent à se banaliser, dont sont victimes des innocents ou des justiciables.

    Sydney Mamoka (Tourcoing, 1998), Getu Hagos K’Mariame (vol AF990 pour Johannesbourg, 2003), Lamine Dieng (Paris XXème, 2007), et plus récemment Hakim Ajimi (Grasse, 2008) ont tous été victimes de ces techniques d’interpellation pour le moins violentes qui ont valu à la France une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans un arrêt du 9 octobre 2007.

    Par ailleurs, le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) a, dès 2002, demandé à la France d’éviter son utilisation en vain.

    Il est à noter que dans toutes ces affaires, les responsables n’ont jamais effetcué de prison ferme, et ont toujours été réintégrés dans les forces de police !

    Informations et contacts :
    Email : policepersonnebouge@gmail.com
    Téléphone : 06 71 07 54 15 (porte-parole de la campagne) - 09 54 39 41 04 (FSQP)
    Site Internet : policepersonnebouge.free.fr

    Le Collectif va se rapprocher des organismes qui oeuvrent notamment pour une police meilleure, mais également pour une révision du délit d’outrage, véritable alibi à la violence policière. Nous soutenons par ailleurs la campagne nationale « Police, personne ne bouge », et réitérons notre vœux de voir dans les délais les plus rapides notre gouvernement se pencher enfin sur les questions de Droits de l’Homme en France comme il l’a fait à plusieurs reprises, concernant la politique des Droits de l’Homme de pays voisins, en ce jour anniversaire de la résolution 217 A adoptant la Déclaration des Droits de l’Homme il y a déjà 60 ans.





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